Conseils · Simon Colin
Douleur qui dure : ce que les neurosciences ont changé
Vous avez mal depuis des mois alors que les examens sont rassurants ? La douleur n’est pas « dans la tête » : avec le temps, le système nerveux peut devenir plus sensible. Comprendre ce mécanisme aide à reprendre la main.
Publié le 2 min de lecture
L’essentiel
- Une douleur qui dure plus de trois mois est dite chronique ; environ 30 % des adultes sont concernés.
- Avec le temps, le système de la douleur peut se sensibiliser : la douleur ne reflète alors plus fidèlement l’état des tissus.
- Le sommeil, le stress, les inquiétudes et l’activité physique influencent la douleur : ce sont autant de leviers.
Une douleur réelle, un signal amplifié
La douleur aiguë est un signal d’alarme utile : elle protège une zone blessée le temps de la guérison. Lorsqu’elle persiste au-delà de trois mois, on parle de douleur chronique. D’après l’Inserm, la douleur chronique concerne environ 30 % des adultes.
Avec le temps, le système nerveux peut devenir plus sensible : l’Inserm décrit une sensibilisation qui peut se généraliser à tout le système de la douleur. Des mouvements ou des contacts habituellement indolores peuvent alors faire mal. Comme une alarme trop sensible, la douleur ne reflète plus fidèlement l’état des tissus.
Cela ne veut pas dire que la douleur est imaginaire : elle est toujours réelle. Mais cela explique pourquoi elle peut persister alors que les examens sont rassurants, et pourquoi elle peut aussi diminuer.
Ce qui peut entretenir la douleur
La perception de la douleur varie d’une personne à l’autre, et chez une même personne selon le contexte. Plusieurs facteurs, souvent liés entre eux, peuvent l’amplifier ou l’entretenir :
- La peur de se faire mal, qui pousse à éviter certains mouvements
- Un sommeil peu réparateur
- Le stress, l’anxiété ou une humeur dépressive
- Le déconditionnement : moins on bouge, plus l’effort devient difficile
Les leviers qui aident
La Haute Autorité de santé recommande une approche globale de la douleur chronique, avec des professionnels qui travaillent ensemble. Plusieurs leviers se complètent :
- Comprendre le fonctionnement de la douleur, pour moins la craindre
- Reprendre une activité physique progressive, choisie et dosée selon votre tolérance
- Prendre soin de votre sommeil et de votre récupération
- Être accompagné : votre médecin traitant peut vous orienter vers une structure spécialisée dans la douleur chronique
Ce que je vous propose
Les neurosciences de la douleur sont au cœur de ma pratique et ont été le sujet de mon mémoire de fin d’études. En consultation, nous prenons le temps de comprendre votre histoire et ce qui influence votre douleur, puis nous construisons ensemble un plan pour reprendre vos activités à votre rythme : techniques manuelles, mouvement et outils pour gérer les poussées.
Il n’y a pas de délai type : l’objectif est une amélioration progressive de votre qualité de vie, en lien avec votre médecin.
Quand consulter d’abord un médecin ?
Une douleur ancienne peut changer. Certains signes nouveaux justifient un avis médical avant de poursuivre.
Appelez le 15 (ou le 112)
- Perte de sensibilité du périnée, troubles urinaires ou perte du contrôle des selles
- Faiblesse soudaine d’un bras ou d’une jambe
Consultez votre médecin
- Fièvre ou perte de poids inexpliquée
- Douleur qui s’aggrave régulièrement, ne se calme pas au repos ou vous réveille la nuit
- Apparition de nouveaux symptômes : engourdissement, fourmillements, maladresse
- Antécédent de cancer
Sources
- Douleur (dossier d’information) (nouvel onglet)Inserm
- Douleur chronique : reconnaître le syndrome douloureux chronique, l’évaluer et orienter le patient (nouvel onglet)Haute Autorité de santé, 2008
- Parcours de santé d’une personne présentant une douleur chronique (nouvel onglet)Haute Autorité de santé, 2023
- Mal de dos, comment éviter les douleurs chroniques (nouvel onglet)Assurance Maladie (ameli.fr)
Ces informations générales ne remplacent pas l’avis de votre médecin. En cas d’urgence, appelez le 15 (Samu), le 18 (pompiers) ou le 112.